Concours BioVino: la meilleure cave bio de l’année 2026 est valaisanne
La 8e édition du concours des vins suisses bio et nature a récompensé les meilleurs crus à Berne. Une humagne exceptionnelle de Mikaël Magliocco, vigneron à Saint-Pierrede-Clages (VS), vaut au domaine la distinction suprême.
Le 18 juin s’est tenu au National, à Berne, un événement incontournable de la scène viticole biologique helvétique. Parmi 75 vignerons, 311 vins, 19 régions et appellations, la cuvée 2026 du Concours du vin suisse bio aura mis deux caves sous les feux des projecteurs. Le domaine Magliocco et Fils, à Saint-Pierre-de-Clages (VS), rafle le titre suprême de Meilleure cave suisse bio 2026, tandis que son humagne 2024 est sacrée Meilleur vin suisse bio 2026. Le Domaine de Miolan, à Choulex (GE), remporte quant à lui le titre de Meilleure cave nature suisse 2026.
Du beau monde au départ
«Ce titre est d’autant plus enthousiasmant que de très belles caves m’ont précédé, se réjouissait Mikaël Magliocco à l’issue de la remise des prix. Dans ce concours, il y a du beau monde! Et côté dégustation, j’ai l’impression que le jury est sensible au terroir et à l’authenticité des vins.»
Demandez-lui quel est le secret de son humagne 2024, gratifiée d’une note exceptionnelle de 92 points, et il esquissera un sourire: «Il n’y a pas de secret. Seulement du travail. Nos vins, on les fait avant tout à la vigne, en soignant notre raisin pour avoir la plus belle qualité possible. En cave on a une approche très simple, basée sur le savoir-faire.» Si le résultat de cette humagne est aussi satisfaisant pour le Valaisan, c’est que le millésime 2024 a été compliqué: «L’humagne étant sensible à la pourriture, on a quasiment fait les vendanges au pas de course!»
Plus de différence
Pas de secret mais du succès: du côté du jury du concours, on loue unanimement les qualités de l’humagne de Mikaël Magliocco. «Très racée, dans le bon sens du terme», résume Nathalie Ravet. OEnologue et visage de la Maison des vins de La Côte, elle porte un regard expert sur un marché helvétique qui atteint sa maturité: «Le bio n’est plus seulement un argument de vente voire, au contraire, un écueil à surmonter en présentant une bouteille. Aujourd’hui, on ne peut plus voir de différence entre un vin bio et un vin conventionnel au moment de la dégustation, et c’est un excellent signe. Des concours comme celui-ci poussent les vignerons vers le haut, tandis que l’évolution technique rend leur travail plus aisé.» La vision de Fabien Vallélian, président de BioVino, est tout aussi optimiste: «Le niveau est incroyablement élevé cette année. En témoigne le nombre de médailles d’or qui récompensent les vins ayant récolté plus de 89 points: on en compte 61 au total.» Des scores décernés par un jury exclusivement composé de professionnels du vin, habitués à déguster également des crus conventionnels. «Cela ne fait qu’accentuer la crédibilité de ce classement», souligne le Vaudois – dont un chasselas 2024 a décroché une médaille d’argent dans la catégorie des vins nature blancs et orange.
Même son de cloche chez le fondateur de l’événement, le Vaudois Frank Siffert: «En 2018, lors de la première édition, il fallait convaincre les jurés. Aujourd’hui, la légitimité du concours, comme des vins bios, n’est plus à prouver. Et les retours à l’issue des dégustations sont fantastiques. Le niveau de qualité est très haut, et c’est déterminant pour convaincre des consommateurs plutôt éduqués aux vins conventionnels.»
La Romandie à l’honneur
De Genève au Vully en passant par le Valais et les coteaux neuchâtelois, les caves romandes ont empoché nombre de distinctions. Certaines se sont distinguées dans plusieurs catégories, à l’instar du Domaine Delaharpe, de Bursins (VD), du Domaine du Petit Château, à Môtier (FR), du Domaine les Hutins, à Dardagny (GE), de la Cave du Rhodan, à Salquenen (VS) ou de la Cave de la Côte, à Tolochenaz (VD). Domination romande également du côté des vins nature: le meilleur blanc est un chasselas créé par Roxane Fenal, fondatrice du micronégoce vaudois InterCellar, le meilleur rouge un divico de la Cave Le Bosset, à Leytron (VS).
Sur un marché difficile, les vins bios parviennent à tirer leur épingle du jeu, et les vignerons cultivent l’optimisme. Au point de se prendre à rêver: «Un jour, on ne sera plus l’exception», sourit Mikaël Magliocco.
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